Vie-Nouvelle

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Troisième partie : 8ème chapitre

L'Homme de péché

 

 

 

Nous aurions perdu tout notre temps et toute notre peine à rassembler et à lier en un seul faisceau les différentes parties dont cet Antichrist se compose, si nous ne donnions pas une explication simple, claire et rationnelle d'un certain texte des Écritures.    

Ce texte, assez difficile, semble, à première vue, un argument décisif pour prouver que l'Antichrist est une personne ; disons même qu'il constitue l'unique base de cette opinion.       

Voici le problème en peu de mots : 

L'apôtre Paul, au second chapitre de sa seconde Épître aux Thessaloniciens, fait, sans erreur possible, allusion à l'Antichrist, quoiqu'il ne le nomme pas expressément.

Il est non moins certain que l'apôtre en parle comme d'une personne, soit par ses expressions et sa manière de parler, soit parce qu'il en parle toujours au singulier, soit enfin parce qu'il dit de l'Antichrist certaines choses particulières, une, entre autres, qui semble ne pouvoir s'appliquer qu'à une personne. Voici du reste ce passage :   

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière. Il faut que vienne d’abord l’apostasie et que se révèle l’Homme de l’impiété, le Fils de la perdition, celui qui se dresse et s’élève contre tout ce qu’on appelle dieu ou qu’on adore, au point de s’asseoir en personne dans le temple de Dieu et de proclamer qu’il est Dieu. Ne vous rappelez-vous pas que je vous parlais de cela quand j’étais encore près de vous ? Et maintenant, vous savez ce qui le retient, pour qu’il ne soit révélé qu’en son temps. Car le mystère de l’impiété est déjà à l’œuvre ; il suffit que soit écarté celui qui le retient à présent. Alors se révélera l’Impie, que le Seigneur Jésus détruira du souffle de sa bouche et anéantira par l’éclat de sa venue. Quant à la venue de l’Impie, marquée par l’activité de Satan, elle se manifestera par toutes sortes d’œuvres puissantes, de miracles, de prodiges trompeurs et par toutes les séductions de l’injustice pour ceux qui se perdent, faute d’avoir accueilli l’amour de la vérité qui les aurait sauvés. C’est pourquoi Dieu leur envoie une puissance d’égarement qui les fait croire au mensonge, afin que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l’injustice. » (2 Thes. II, 3-12.)     

 

 

Qu'on relise cent fois, qu'on relise mille fois toute la divine Écriture, on ne trouvera que ce seul passage qui puisse vraiment servir à soutenir que l'Antichrist n'est autre qu'une personne. Tandis que l'on en trouvera des quantités d'autres qui établissent le contraire, démentant cette théorie.

 

 

Or, disons-nous, c'est sur ce texte que s'appuie, c'est de lui que prend toute sa force, l'opinion traditionnelle.La difficulté est sérieuse, assurément, et, pour y répondre, nous allons examiner l'un après l'autre les deux points principalement invoqués.

Et d'abord, dit-on, saint Paul parle de l'Antichrist au singulier, l'appelant l'homme de péché, le fils de perdition.Il ajoute que cet homme de péché s'assiéra dans le temple de Dieu, se présentant comme s'il était Dieu. Il s'agit donc bien, affirme-t-on, d'une seule personne, et non de plusieurs.

Nous répondons sur le premier point :     

Premier point : Le fait de parler au singulier est-il une preuve suffisamment convaincante ? Mais, parler au singulier, comme fait saint Paul ici, ne prouve ni pour, ni contre. Le singulier s'emploie couramment lorsque l'on parle d'une collectivité, d'un groupe de nombreuses personnes. Ne dit-on pas : l'Assemblée légifère, la nation se défend, etc ?... Dans l'Écriture, les exemples analogues abondent, et saint Paul nous en offre beaucoup.

Ainsi, au chapitre deuxième de l'Epître aux Romains « Qui que tu sois, ô homme, tu es inexcusable... Méprises-tu les richesses de la bonté de Dieu », etc... C'est là une manière courante de parler, commune à toutes sortes d'écrits, sacrés ou profanes, lorsqu'il s'agit de parler d'une multitude d'individus, qui sont, moralement, un.      

Au chapitre II de l'épître aux Romains, l'apôtre Paul s'adresse à tous les peuples chrétiens, alors existants, ou à venir ; et cependant, il parle au singulier.

Supposons un instant que l'Antichrist soit un corps moral, une collectivité donc, comme aussi nous le croyons, les expressions de l'apôtre, dans ce cas, ne seraient-elles pas vraies et appropriées ? Les noms de « homme de péché », de « Fils de perdition » ne conviendraient-ils point parfaitement à ce corps moral, à cette collectivité?      

Il semble que oui, et même bien mieux que s'il disait, au pluriel : « Hommes de péché », « Enfants de perdition».      

                                                 

 

Les pierres qui forment un palais, une cathédrale, si nombreuses soient-elles, et dont on ne peut parler qu'au pluriel, une fois qu'elles sont assemblées, bien mises à la place qui leur est destinée, on n'en peut plus parler qu'au singulier, et tout cet assemblage, cet agrégat, s'appelle proprement: un palais, une cathédrale. De même, bien que tous les individus qui doivent composer l'Antichrist, considérés chacun séparément, soient innombrables, quand on les considère, par contre, étroitement unis dans cette espèce de ligue, composant cette machine de guerre antichrétienne, sous cet aspect, dis-je, tous ces individus deviennent un tout, un même corps, un Antichrist. En sorte que l'on parlera d'eux comme on parle d'une seule et unique personne, en donnant à tout cet assemblage le nom que lui donne l'apôtre : Homme de péché, Fils de perdition.

 

 

 

Il ne se trouve là aucune impropriété d'expression, aucune équivoque, bien au contraire, et l'on ne saurait concevoir de quelle manière plus naturelle, plus expressive, on pourrait parler d'un groupement d'individus, étroitement associés, animés d'un même esprit, visant un même but.

Au surplus, et si l'on note soigneusement les circonstances et l'époque où saint Paul parle de l'Antichrist, on voit, j'ose dire, de ses yeux, on touche de ses mains, la raison pour laquelle il ne s'est pas expliqué plus clairement et plus complètement, usant de mots et d'expressions pouvant s'appliquer à une personne aussi bien qu'à une collectivité nombreuse.

Et si l'apôtre, enfin, ne parle qu'à demi-mot, ne perdons pas de vue non plus que les Thessaloniciens sont au courant déjà de ce dont il s'agit : « ...Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais chez vous ?... » (v. 5).

 

 

 

 

L’Homme de péché, le fils de perdition, qui doit se révéler 
avant la venue du Seigneur, n'est autre chose que l'apostasie, 
il représente la masse des chrétiens apostats !

 

 

 

Et maintenant, si l'homme de péché, le fils de perdition, qui doit se révéler, se manifester avant la venue du Seigneur, si cet homme de péché n'est autre chose que l'apostasie, ou une conséquence de l'apostasie, s'il représente la masse des chrétiens apostats, il paraît plus que vraisemblable que l'apôtre des Gentils n'en voulait parler dans une lettre qu'avec la plus grande discrétion et prudence, cela d'autant plus que les Thessaloniciens ayant déjà été, comme nous avons vu, renseignés sur la question par l'apôtre, de plus amples précisions et détails étaient superflus.

Tel est donc le passage qui, par la suite, a été tordu et retordu, jusqu'à devenir le monstre fantastique que l'on trouve dans les commentaires des docteurs.

Nous confessons, sans nous faire prier, que tout ce qui vient d'être dit ne résout pas encore la grosse difficulté, étant entendu qu'une bonne part des expressions de saint Paul s'appliquent aussi bien à un individu qu'à un corps moral, une collectivité, et qu'il reste à expliquer un passage encore, lequel, selon l'opinion de beaucoup, désigne uniquement un individu.

C'est ce second point que nous allons examiner avec une attention spéciale.

Second point
 : Saint Paul dit encore ceci de l'Homme de péché, du Fils de la perdition : « Il s'élèvera contre tout ce qui est appelé Dieu, jusqu'à s'asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s'il était Dieu. »     

L'expression, comme le fait de s'asseoir dans le temple de Dieu, de se présenter comme s'il était Dieu, ne peut, dit-on, s'entendre que d'un individu. Donc, selon saint Paul, l'Antichrist est un individu. C'est sur ce second texte que s'appuie le plus fortement l'opinion générale.

Qu'il me soit maintenant permis de poser une question, ou plutôt une série de questions : Cette partie du texte de saint Paul est-elle si parfaitement claire et se comprend-elle dans tous ses détails ? N'offre-t-elle point, par quelque côté, matière à discussion, heurtant la vraisemblance, heurtant le sens commun, en opposition avec de nombreux passages de l'Écriture ? Peut-elle vraiment servir de pierre angulaire, de dogme fondamental, à une opinion théologique d'importance ? Ces paroles sont-elles d'une telle clarté, d'une telle précision, qu'elles puissent, sans hésitation, être prises dans le sens mot à mot et littéral, et ne s'appliquer qu'à un individu?       

Admettons qu'il en est ainsi. Admettons que ce texte de saint Paul est parfaitement clair et compréhensible.

Mais alors je demande : De quel temple l'apôtre peut-il bien parler ?

En second lieu, ce temple est-il un temple spirituel, métaphorique ou bien un édifice réel, fait de main d'homme ?      

Dans le premier cas, le texte ne prouve rien « pour », il prouve « contre », car le même sens métaphorique qui est donné au mot sanctuaire, ou temple, doit être donné à « homme de péché » qui « s'assied » dans le temple, et aussi à « l'action de s'asseoir ». Ou bien tout est matériel, ou bien tout est spirituel.

Et s'il est question d'un temple matériel, on revient à la première question : Quel temple sera-ce ? 

On répond : ce sera le temple de Jérusalem même, puisqu'il n'y avait, au temps où écrivait saint Paul, pas d'autre édifice consacré à Dieu. Mais on comprend bien, avant d'aller plus loin, que, parlant de ce temple, l'apôtre ne songe pas à l'édifice qui existait alors, car, dans ce cas, il eût été bien mauvais prophète. Il eût ignoré que cet édifice allait être détruit quelques années plus tard.
 Cela n'est pas donc possible. Car l'apôtre le savait autant par la prophétie de Daniel que par les prédictions de Jésus. Si donc l'apôtre parle du temple de Jérusalem, il s'agit d'un temple encore à construire.

Quel temple, alors ?       

C'est, dit-on gravement, celui que bâtira l'Antichrist lui-même, quand il amènera sa cour à Jérusalem.
 Je veux bien ! Mais cette nouvelle est-elle bien certaine ? On l'a sans doute tirée de quelques archives publiques ? Et son authenticité est-elle absolue ?      

Nous savons qu'il n'y a pas d'autres archives dont on puisse tirer des notions de l'avenir que la révélation contenue dans la Bible sacrée.
 Où se trouve, dans la Révélation, cette circonstance ?   

Où l'Écriture dit-elle qu'un temple sera construit par, ou pour, l'Antichrist ?

Il ne reste plus, alors, que ce passage de saint Paul, compris et arrangé dans ce but. Cela peut paraître incroyable, mais c'est la vérité : on n'en signale aucun autre. Et l'on n'en signale aucun autre parce qu'il n'en existe pas d'autre dans tout le Livre sacré. 

Beaucoup de docteurs, cependant, prétendent le contraire. Voici encore un de leurs arguments qui vaut autant que mille :  

Parlant, au chapitre IX de son livre, de la mort du Messie et de tous ses résultats, le prophète Daniel dit que la désolation de Jérusalem et de son temple doit durer « jusqu'à la fin ». A quel moment ce Juif Antichrist édifiera-t-il le temple que doivent saccager les Romains ? 

Si c'est avant la consommation des temps, ce Juif faussera la prophétie, et ce sera l'une de ses plus étonnantes prouesses. Si c'est après, la prouesse sera plus étonnante encore puisqu'il remontera de l'abîme pour bâtir le temple et la ville...

Ne voyez-vous pas, lecteur, de vos yeux, l'inconséquence d'une telle supposition ?      

Ce n'est pas tout. Admettant pour un moment que le perfide Juif doive édifier, une autre fois, le temple de Jérusalem, on demande : ce temple, édifié par l'Antichrist, sera-t-il réellement un temple de Dieu ? Comment pouvons-nous donner ce nom auguste à un édifice construit par l'Homme de péché, par le Fils de perdition, non pas pour Dieu, mais pour lui-même ?!

 

 

Si cet édifice ne mérite pas ce nom, c'est que ce temple, mis sur le compte de l'apôtre, est un temple imaginaire. Mais alors, de quel temple de Dieu parle saint Paul ? Ceux qui prétendent que ce texte est très clair devraient bien se charger de tous ces embarras. De même que, dans ce passage, il est impossible de comprendre le sens du mot « apostasie », si l'on ne consulte pas toutes les Epîtres de saint Paul, de même, pour comprendre le sens des mots « temple de Dieu », il faut consulter les écrits du même apôtre.

 

 

Quand arriverons-nous à comprendre que l'Écriture ne s'explique que par l'Écriture ?!      

Voyons donc ce que l'apôtre dit du « temple de Dieu » dans ses Epîtres ; cherchons à propos de quoi il en parle, et combien de fois il en parle. Cet examen, une fois fait, je soumets mon raisonnement à l'examen de n'importe quel juge, pourvu qu'il soit sans parti pris. 

Dans les quatorze Epîtres de saint Paul, les mots « temple de Dieu » se trouvent sept fois seulement. Six fois, le sens est toujours le même : c'est le sens figuré et spirituel, jamais le sens matériel d'édifice sacré. Mais la septième fois (2 Thessaloniciens II, 4), le sens n'est pas aussi clair; on ne voit pas avec autant de certitude s'il parle de temple spirituel ou d'édifice matériel.
 Toutefois, dans ce doute, on remarque que si le sens matériel est difficilement admissible, le sens spirituel ne présente aucune difficulté.

Dans ce dilemme, nous demandons : est-il possible de ne pas interpréter ce dernier et obscur passage dans le même sens où sont compris les six autres ? Si cela ne paraît pas possible, le problème est résolu, la cause est entendue.

On devra lire dans leur contexte les six premiers passages où il est parlé du « temple de Dieu si l'on veut en bien saisir la signification. On les trouve : « 1 Corinthiens III, 16, 17 ; VI, 19 ; 2 Corinthiens VI, 16. » Et en voici la teneur :     

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes vous-mêmes. »

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu ? « Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ?
 « Car, nous sommes, nous, le temple de Dieu »

Que vous semble-t-il du sens de ces passages ? Pouvez-vous douter ?   

Reste le passage en discussion : 2 Thess. II, 4. Et pour ce passage, nous croyons pouvoir affirmer qu'aucune raison n'existe permettant d'y voir un temple fait de main d'homme. Au contraire. Tout le chapitre, connu pour être rempli de difficultés et abonder en expressions métaphoriques, nous emporte bien loin d'un sens matériel pour nous amener au sens figuratif, au sens spirituel, des mots : Homme de péché, temple de Dieu.

Et maintenant, nous avons la clé du mystère : Par « temple de Dieu » l'apôtre Paul entend l'Église de Jésus-Christ, le corps des croyants tout entier, qui est une maison spirituelle (1° Epître de S. Pierre, chap. II, v. 5, et 1° Epître de S. Paul à Timothée, chap. III, v. 15).

 

 

 

Le voilà, le temple de Dieu, où l'homme de péché doit s'asseoir, 
y usurper la place de Dieu et de sa Parole, 
s'y substituer à Dieu et y agir librement, comme s'il était Dieu.

 

 

 

Que veut dire ceci ? Tout ceci est parfaitement clair et en complète harmonie avec ce que nous avons exposé précédemment : l'Homme de péché, dont parle saint Paul, n'est autre chose, dans son principe, dans son essence, que la masse des apostats (qu'on les appelle déistes, rationalistes, matérialistes, ou autrement, peu importe), qui, ayant brisé le lien de la foi en Jésus, en tant que Christ, cherchent et chercheront, par tous les moyens possibles, à accroître et à fortifier ce bloc hostile au christianisme, pour, finalement, se liguer contre Dieu même. C'est pour cela qu'est donné à cet Homme de péché le nom d'Antichrist, ou Contre Christ.

 

Ainsi donc, cet Homme de péché, ce corps moral - ou immoral - [ce corps mystique Antichrist] d'iniquité, arrivé à sa stature parfaite, libre de toute contrainte, armé de ses cornes redoutables, de cette puissance qu'il aura acquise, s'assiéra tranquillement dans l'Église du Christ, qui est - que Jésus, du moins, avait destinée à être - le temple du Dieu vivant.     

Il exercera le contrôle sur cette Église, il y commandera, il y parlera à l'égal de Dieu.        

Et l'on verra alors ce monstre d'iniquité ouvrir la bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, on le verra faire la guerre aux saints, et les vaincre, on le verra enfin devenir maître et seigneur de la maison de Dieu, et, par ses paroles comme par ses actes, y régner, comme s'il était Dieu.

« Comme s'il était Dieu », c'est cette expression, ou plutôt son interprétation littérale, qui a donné naissance, à travers les siècles, à tant d'idées fantastiques et incroyables, versées par l'imagination dans tant d'écrits. C'est à cette interprétation grossière que l'on doit la notion absurde d'un monarque universel, exigeant qu'on lui rende un culte, construisant un temple à Jérusalem, et qui, trônant dans ce temple, verra patiemment défiler à ses pieds l'humanité tout entière...

Ne sont-ce pas là des idées infiniment éloignées de l'Homme de péché et du temple de Dieu dont parle saint Paul ? 

Ces expressions sont visiblement symboliques ou figurées, et, par conséquent, parfois très obscures, d'autres fois à double entente, et il est facile de penser qu'elles furent écrites ainsi, volontairement, afin de n'être comprises qu'au temps fixé.        

Mais il était extrêmement important que toutes ces choses fussent écrites, même sous le couvert de voiles, afin, lorsque ce serait nécessaire, lorsque le temps et les événements commenceraient à ouvrir le jugement des hommes, d'éclairer ce pauvre monde, comme « une lampe qui brille dans un lieu obscur ». 

Tel est le véritable objet de beaucoup de prophéties ; telle est la raison certaine pour laquelle tant d'événements futurs sont annoncés et prédits comme cachés, comme enfouis, sous d'obscures métaphores. C'est afin qu'ils ne soient pas compris avant l'heure. La sagesse de Dieu, sa Providence et sa Charité, se révèlent dans ce mode de procéder.       

Par contre, les choses qui ne relèvent pas de la prophétie, mais appartiennent à l'essence de la piété, c'est-à-dire, le dogme, la morale, sont écrites avec la plus grande simplicité, la plus grande clarté. En sorte que tout ce que les docteurs ont imaginé sur les prophéties, aux temps passés, peut être, ou peut ne pas être, admis. La voie à suivre, c'est le bon sens, c'est l'évidence, qui l’indique. Notre liberté de contrôle et d'opinion reste donc, sur ces points, entière.       

 

 

Et lorsque le Saint-Esprit, se servant des signes des temps, nous conduit à des conclusions toutes différentes des opinions traditionnelles, notre devoir est de dégager notre liberté d'examen et d'opinion.

 

 

Ne pouvons-nous pas, au moins, en appeler des docteurs morts aux docteurs vivants ? Ne pouvons-nous pas signaler à ceux-ci nos doutes, leur demander un nouvel examen plus attentif, plus mûri, plus en accord avec l'heure que marquent les événements au cadran de Dieu, comme à celui de l'histoire ?   

C'est le seul fruit que je voudrais retirer de tout mon labeur. Il me payera amplement.
 Je ne veux pas être cru sur parole. Ce que je désire intensément, c'est que mes études soient examinées avec toute la rigueur que comportent les lois de la critique, comme aussi celles de la logique, du bon sens, de la raison, enfin, illuminée par le flambeau de la foi. De toute manière, on ne peut nier que le sujet traité soit de la plus haute importance, du plus grand intérêt. 

La condition présente du monde, l'état de l'Église de Jésus-Christ, qui est celui de Laodicée, ni froide, ni bouillante, sont autant d'avertissements, autant d'urgents appels aux ministres de l'Église à secouer leur indifférence, à ouvrir les yeux, à prendre conscience de la gravité des temps.  

 

 

    Fin de l'étude de Ben-Ezra

 


Conclusion et note finale :


L'Antichrist est à l'œuvre depuis le commencement, dans le monde comme dans l'Église, perpétrant le «mystère d'iniquité » (S. Luc XVIII, 8 ; 2 Thess. Il, 7).

L'Evangile a été prêché par toute la terre, en témoignage à toutes les nations, — après quoi, dit Jésus, viendra la fin (S. Matthieu XXIV, 14).

Rien ne s'oppose donc plus à 
l’enlèvement du Corps Mystique du Christ, l’Église Son Epouse (1 Thes. IV, 13-17). Ainsi, à tout moment, le Seigneur Jésus peut descendre du ciel pour enlever son Épouse, et, selon sa promesse (S. Jean XIV, 3), la prendre avec Lui dans le ciel. 

Enfant de Dieu, veille et prie, car ton Seigneur vient bientôt. Maranatha !  « Amen Viens, Seigneur Jésus! »       

Il ne reste donc, selon les Ecritures, qu’une seule chose pour que l’Antichrist, cette collectivité inique, agisse pleinement… "que soit écarté celui qui le retient encore. Alors se révélera l’Impie, que le Seigneur Jésus détruira du souffle de sa bouche et anéantira par l’éclat de Sa Venue." ( 2 Thes, 2, 7-8)

 

Que dirait aujourd’hui Ben-Ezra de l’état du monde et de l’apostasie de centaines de millions de chrétiens et des Ministres de l’Eglise ?! En effet, les Ministres du Christ, papes et évêques de ces 50 dernières années, depuis le Concile Vatican II, ont totalement tourné le dos au Seigneur et se sont tournés vers les dieux de ce monde entrainant avec eux  « tous ceux qui auront refusé de croire la vérité et pris parti pour le mal » (2 Thes 2, 12)

 

La Rome postconciliaire, fondée sur l'utopie humaniste, s’est effectivement assise sur la « bête » qui monte de la mer et a fait de l’homme le centre de toutes ses préoccupations. Car désormais, l’homme, et non plus le Christ, est devenu le chemin de la Rome actuelle : « Cet homme étant donc la route de l'Eglise, route de sa vie et de son expérience quotidiennes, de sa mission et de son labeur, l'Eglise de notre temps [et non plus l’Eglise de toujours] doit être, de façon toujours universelle, consciente de la situation de l'homme…. » (Extrait de l’encyclique Redemptor hominis  de Jean-Paul II. N°14. Toutes les routes de l'Eglise conduisent à l'homme).

 

Dans cette première encyclique du pape Jean-Paul II, plus de 200 fois le mot HOMME est cité et seulement 20 fois le mot Dieu! Ainsi, l'homme est désormais devenu le chemin de cette Eglise de notre temps, le Christ ne serait donc plus le seul et unique chemin !!!

 

Comme nous venons de l'écrire, il ne reste donc qu’une seule chose pour que l’Antichrist agisse pleinement… «que soit écarté celui qui le retient encore». Alors se révélera l’Impie dans toute sa puissance satanique, ce sera l'heure des ténèbres pour ceux qui ont opté pour le mal car : «l’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.»  (2 Thes 2, 9-12)  

L’Antichrist n’est donc pas à attendre, car il est déjà présent au milieu de nous comme il l'était déjà du temps de saint Jean (1 Jn 2, 18,22 ; 4, 3 ; 2 Jn 1, 7), mais aujourd'hui il est arrivé à son plein développement, comme Ben-Ezra l’a effectivement et magistralement démontré.


Notre Seigneur Jésus-Christ 
a été mis à la porte de Son Eglise !

 

 

Il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir : Notre Seigneur Jésus-Christ a été mis à la porte de Son Eglise, c’est un FAIT. Aujourd'hui, ses Ministres, en commençant par le pape lui-même, ne veulent plus entendre Sa Voix ! C’est Jésus qui, en 1929 et 1931, nous l’a fait savoir par sa messagère Sœur Lucie, la voyante de Fatima : «Ils (le pape et les évêques) n’ont pas voulu écouter MA demande. Comme le roi de France (Louis XIV), ils s’en repentiront… Fais savoir à mes Ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur

 

Et nous connaissons les malheurs dans lesquels est tombée la monarchie française.... révolution de 1789 et la décapitation, au sens propre comme au sens figuré, de la royauté française.


Mais pour l'Eglise de Rome et la papauté, de quel malheur peut-il s’agir concrètement sinon de celui que Notre Dame de La Salette a annoncé pour la fin des temps, c’est-à-dire un terrible aveuglement des Autorités Romaines qui ont opté pour l’homme qui se fait Dieu au détriment du Dieu qui S’est fait Homme et, de cette apostasie, s’en suivra le châtiment proportionné :

 

 

« Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist.
Rome devenue païenne sera détruite »

 

...Et deviendra le siège de l'Antéchrist..., 
c'est-à-dire le CENTRE de cette collectivité Antichrist.
   

 

La papauté à Rome n’est pas éternelle !
Elle doit s’attendre à une fin terrible 
comme ce fut le cas pour la monarchie française 
et pour les Autorités religieuses de Jérusalem en l’an 70

 

Ben-Ezra dit bien à la fin de son étude : « La condition présente du monde, l'état de l'Église de Jésus-Christ, qui est celui de Laodicée, ni froide, ni bouillante, sont autant d'avertissements, autant d'urgents appels aux ministres de l'Église à secouer leur indifférence, à ouvrir les yeux, à prendre conscience de la gravité des temps. »

Dans ce passage de l’Apocalypse le Seigneur parle à l’Eglise de Laodicée, et celle-ci est la dernière de la liste des 7 Eglises à qui saint Jean doit écrire. L’Eglise de Laodicée représente le dernier âge de l’Eglise, celle de la fin des temps. Lisons ce qui est dit d’elle et relevons ensuite les éléments significatifs :    

« Ecris à l’ange de l’Eglise de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ! » (Apocalypse 3, 14-22)

« Voici JE me tiens à la porte et JE frappe. » Comme nous le lisons,  Jésus-Christ se tient à la porte de l'Eglise de la fin des temps et IL frappe ! « Si quelqu’un entend ma voix… » Ce n'est donc pas certain qu’IL soit entendu ! Et nous avons même la preuve depuis le Concile Vatican II, donc depuis près de 50 ans, que le Seigneur n’est plus du tout entendu !

 

 

 

 

 

Notre Seigneur nous prévient :

 

« De même, vous aussi, quand vous verrez cela arriver, sachez que LE FILS DE L’HOMME est proche, qu’il est à vos portes. En vérité, je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.» (Marc 13, 29-31)

 

« Vous voilà donc prévenus : 
JE vous ai TOUT annoncé d’avance pour que vous soyez sur vos gardes.» 
(Mc 13, 23)


« C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, 
car LE FILS DE L'HOMME viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. » 
(Mt 24, 44)

 

 

 



Enfant de Dieu, veille et prie, car ton Seigneur vient bientôt !

 

 

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  Autres écrits de Ben-Ezra :


La restauration universelle à venir 

 

 

 

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04/11/2013
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