VIE NOUVELLE

VIE NOUVELLE

Preuves de la divinité de Jésus-Christ

 

 

Les preuves de la divinité
de Jésus-Christ 

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Jésus-Christ a-t-il vraiment existé? Est-il vraiment le Messie, l'Envoyé de Dieu, le Sauveur des hommes? Qui est-il, un homme extraordinaire, ou bien plus encore, Dieu fait homme? Ces questions ont pour tout homme une importance capitale. Car si le témoignage de l'Évangile est authentique, le Christ - et lui seul - peut nous ouvrir les portes de la vie éternelle: Le Père aime le Fils et a mis toutes choses entre ses mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu restera sur lui éternellement (Jn 3, 35-36).

 

Jésus lui-même affirme: Je suis la voie, la vérité et la vie, et personne ne vient à mon Père si ce n'est par moi (Jn 14, 6).

 

Saint Pierre, au jour de la Pentecôte, proclame: Il n'y a de salut en aucun autre qu'en Jésus-Christ (Ac 4, 12). Et saint Paul confirme que Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2, 5).

 

Nous ne pouvons donc pas "faire l'impasse" sur cette question. Il nous faut étudier la personne de Jésus-Christ, telle que l'histoire nous la fait connaître, afin de savoir si nous devons croire à sa doctrine et marcher sur le chemin qui, selon Lui, conduit à la vie éternelle.

 

Nous montrerons successivement:

  • que Jésus-Christ a existé;
  • que Jésus-Christ est le Messie, l'Envoyé de Dieu;
  • que Jésus-Christ est Dieu.
 
 
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I

JÉSUS-CHRIST A EXISTÉ



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Ce point peut être établi avec certitude grâce au témoignage des auteurs païens et surtout des Évangiles, qui sont des documents historiques.

 

Jésus-Christ n'a pas vécu à une époque mythique, mal connue. Il est né environ un demi-siècle après la mort de Jules César, à l'apogée de l'Empire romain (règne de César-Auguste); il a été contemporain du philosophe romain Sénèque (un des principaux transmetteur et représentant de la philosophie stoïcienne).

 

De nombreux personnages mentionnés par les Évangiles nous sont connus par d'autres sources, par exemple ceux que cite saint Luc au commencement de son Évangile: les empereurs Auguste et Tibère, Hérode le Grand, Ponce-Pilate, les grands-prêtres Anne et Caïphe et saint Jean-Baptiste dont Flavius Josèphe, l'historien des Juifs, a rapporté l'apostolat et la mort.

 

I. Le témoignage des auteurs juifs et païens

 

Le fait, pour le Fils de Dieu, de "devenir l'un de nous" s'est réalisé dans la plus grande humilité. Il n'est donc pas étonnant que l'historiographie profane, occupée par des événements plus spectaculaires et par des personnages plus en vue, ne lui ait accordé au début que de brèves allusions, qui sont tout de même significatives. 

  1. Le Christ est mentionné dans les Antiquités judaïques, ouvrage historique rédigé à Rome par l'historien juif (non chrétien) Flavius Josèphe entre 93 et 94: «En ce temps-là, était Jésus qui était un homme sage ( ) Des principaux de notre nation l'ayant accusé devant Pilate, il le fit crucifier» (Ant. Iud., 5, 1-7). Au regard de la critique, il n'est pas douteux que Flavius Josèphe aît donné, dans ce passage, un témoignage authentique de l'existence de Jésus-Christ.

  2. Dès le début du deuxième siècle, plusieurs auteurs romains parlent de Jésus-Christ.

    Suétone, polygraphe et érudit romain ayant vécu entre le Ier et le IIe siècle. Il est principalement connu pour sa Vie des douze Césars, qui comprend les biographies de Jules César à Domitien, rapporte que l'empereur Claude (qui régna de 41 à 54 apr. J.-C.) «expulsa de Rome les Juifs devenus, sous l'impulsion de Chrestus, une cause permanente de désordre» (Vita Claudii, 25, 4). On remarque l'altération du nom du Christ, due sans doute à la prononciation de Chrétiens d'origine grecque. Les interprètes sont convaincus pour la plupart que ce texte se rapporte à Jésus-Christ, devenu motif de luttes internes dans le judaïsme romain. La mesure répressive de Claude est d'ailleurs attestée par les Actes des Apôtres: saint Paul rencontra en 52, à Corinthe, un ménage juif qui avait été chassé de Rome (Ac 18, 2). Moins de vingt ans après la mort du Christ, il y avait donc à Rome des Chrétiens. Comment, si Jésus-Christ n'avait pas existé, sa légende se serait-elle accréditée dans un si bref délai, sans rencontrer de réfutation?

    Tacite, historien et sénateur romain né en 58 et mort vers 120 ap. J.-C., dans ses Annales, écrites vers 116, rapporte à propos des Chrétiens lors de l'incendie de Rome et de la persécution de Néron en 64: «Le nom de chrétiens leur vient du Christ, qui sous Tibère fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée où elle avait sa source, mais dans Rome même» (Annales, XV, 44). Ailleurs, Tacite parle d'une «ingens multitudo» (multitude immense) de Chrétiens se trouvant à Rome dès 64, seulement trente ans après la mort de Jésus-Christ.

    Pline le Jeune, né en 61 et mort en 115, sénateur et célèbre avocat romain des règnes de Titus à Trajan, proconsul romain de Bithynie et du Pont (Asie mineure), envoie en 111 à l'empereur Trajan un rapport sur les Chrétiens et lui demande la conduite à tenir à leur égard. Pline relève que les Chrétiens «se réunissent avant l'aurore à des jours déterminés pour chanter des hymnes au Christ comme à un Dieu»; il ajoute qu'ils sont devenus nombreux au point d'inquiéter les prêtres païens (Epist. 10, 96).

    Plus tard, les polémistes anti-chrétiens comme Celse, à la fin du deuxième siècle, ne mettront jamais en doute l'existence de Jésus-Christ, mais ils s'efforceront de le peindre sous les traits d'un imposteur ou d'un magicien.




II. Le témoignage des auteurs chrétiens

 

Jésus-Christ nous est connu essentiellement par les quatre Évangiles (du grec "euanggelion", bonne nouvelle), par les Actes des Apôtres, par les Épîtres de saint Paul, de saint Jean, de saint Pierre, de saint Jacques et de saint Jude, et par l'Apocalypse de saint Jean. Ces vingt-sept livres forment le Nouveau Testament. Nous nous bornerons ici à étudier les Évangiles: ceux-ci suffisent amplement à prouver que Jésus a existé; et ils nous font connaître les événements de sa vie ainsi que son enseignement:

  • parce qu'ils sont d'authentiques récits historiques;
  • parce qu'ils sont le témoignage sincère d'hommes bien informés;
  • parce qu'ils concordent entre eux, malgré des divergences de détail.

1) Ancienneté et fidélité des Évangiles

Écrits sur de fragiles feuilles de papyrus et, à partir du IVe siècle, sur de plus solides parchemins, les textes de l'Antiquité se conservaient difficilement; ils étaient, de plus, en petit nombre à cause de leur coût. Mais malgré cela, en dépit des persécutions (Dioclétien s'était efforcé de détruire tous les livres chrétiens) et des vicissitudes de deux millénaires d'histoire, environ 5000 manuscrits grecs du Nouveau Testament datés du IVe au VIIe siècles sont parvenus jusqu'à nous (citons en particulier le Codex sinaïticus et le Codex vaticanus, deux manuscrits presque complets du Nouveau Testament datés du IVe siècle). En outre, les archéologues ont exhumé des sables secs de l'Égypte de nombreux fragments sur papyrus, dont certains remontent au IIe siècle (papyrus 52 daté de l'an 130 et comportant quelques versets de saint Jean; papyrus Bodmer de la fin du IIe siècle contenant tout l'Évangile de saint Jean).

Si l'on cherche, par comparaison, comment nous connaissons les œuvres des auteurs païens de l'Antiquité, dont personne ne met en doute l'authenticité, on s'aperçoit qu'ils ne nous sont connus en général que par des manuscrits copiés au Moyen-Âge (Homère: XIe siècle; César: Xe siècle; Tacite: XVe siècle). Nous avons donc des preuves beaucoup plus solides de l'existence de Jésus-Christ que de celle de Cicéron ou de Jules-César, dont pourtant personne ne doute!

 

Cette abondance de manuscrits anciens, due à la nécessité pour les chrétiens de posséder, dans chaque église, un exemplaire des textes inspirés, est une preuve irréfragable de la fidélité des Évangiles tels que nous les connaissons au texte original, car les différents manuscrits concordent entre eux pour la substance: les critiques sont unanimes pour affirmer qu'aucun écrit de l'Antiquité ne jouit d'une telle valeur textuelle.

2) Qui sont les auteurs des Évangiles? Le témoignage des Évangélistes est-il digne de foi?

A) Qui sont les auteurs des Évangiles?

Les auteurs catholiques du IIe siècle dont les écrits nous sont parvenus (Papias, saint Irénée) attribuent le premier Évangile à l'apôtre saint Matthieu, le second à saint Marc, le troisième à saint Luc et le quatrième à l'apôtre saint Jean. Ces attributions sont ratifiées par la Tradition de l'Église et ont pour elles de solides arguments, mais cette question importe peu à notre propos. Il nous suffit de savoir que les Évangiles ont été rédigés par des Chrétiens de Palestine, avant l'an 70 pour les trois premiers et avant l'an 100 pour celui de saint Jean, ce qui est admis communément de nos jours sur la base de critères linguistiques et historiques.

B) Le témoignage des Évangélistes est-il digne de foi?

  1. Les auteurs sacrés, témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ, Apôtres ou proches collaborateurs des Apôtres, possédaient des informations de première main. Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi l'exposé suivi, illustre Théophile, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus (Commencement de l'Évangile selon saint Luc).

  2. Les Évangélistes ont voulu rapporter fidèlement ces faits car:

    • Ils étaient des hommes vertueux et ils insistent eux-mêmes sur la vérité de leur témoignage (cf. Jn 21, 24).
    • Ils racontaient des faits que leur amour-propre aurait dû laisser ignorer: la bassesse de leur origine, leur ignorance, leur lenteur à comprendre l'enseignement du Christ, leurs défauts, leurs faiblesses et leurs fautes (par exemple le reniement de saint Pierre).
    • Ils n'avaient pas avantage à tromper: pour prix de leur témoignage, les apôtres ne reçurent que contradiction et mépris (voir par exemple: 2 Co 4, 7-12).

  3. Il faut remarquer en outre l'impression de "faits vécus" que donnent les récits extrêmement vivants des Évangiles. Ceux-ci fourmillent de détails géographiques et historiques dont la justesse frappe quiconque se rend en Terre Sainte. On est bien loin du vague des fables mythologiques ou même des récits "apocryphes" sur Jésus-Christ, composés plus tard.

  4. Si les Évangélistes avaient inventé des faits sur la vie de Jésus, leur faux témoignage aurait suscité des protestations auprès de disciples plus sincères ou d'ennemis du christianisme. Tout au contraire, les quatre Évangiles ont été acceptés très rapidement et sans aucune discussion par toutes les Églises locales (contrairement aux écrits apocryphes).

3) Les Évangiles concordent entre eux, malgré des divergences tenant aux conditions de leur rédaction

Le fait que les Évangiles aient été inspirés par le Saint-Esprit n'empêche pas que chaque Évangéliste ait écrit les faits avec son style propre. Les Évangélistes n'exposent pas la vie de Jésus au sens d'une biographie moderne (comme tous les historiens de l'Antiquité, ils ne cherchaient pas à être exhaustifs comme nous le faisons de nos jours en ce qui concerne les précisions chronologiques et topographiques), mais ils nous donnent une connaissance certaine de ce que le Fils de Dieu a fait et enseigné en vue de notre Salut éternel (cf. Dei verbum, 19).


Quant aux paroles de Jésus, elles ont pu être prononcées en des temps et lieux différents; en bon pédagogue, Jésus répétait son enseignement pour le graver dans la mémoire de ses auditeurs; leur fixation par des auteurs différents et leur traduction de l'araméen au grec expliquent les variantes, qui ne portent jamais sur le fond de la doctrine.

 

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II

JÉSUS-CHRIST EST LE MESSIE,
L'ENVOYÉ DE DIEU

 

I. Les prophéties de l'Ancien Testament
ont été réalisées par Jésus-Christ

 

 



Tout l'Ancien Testament est une préparation du peuple hébreu à la venue du "Messie" (en grec "Christ", c'est-à-dire "Oint" - cette onction signifie la consécration particulière d'une personne par Dieu en vue d'une mission; cf. Psaume 44, 8) qui devait délivrer Israël, étendre jusqu'aux extrémités de la terre la religion du vrai Dieu, et régner éternellement. Dieu, qui seul peut révéler aux hommes l'avenir, a annoncé de siècle en siècle, par la voix des prophètes, certains événements de la vie du Messie; ces prophéties ont été religieusement conservées, d'âge en âge, dans les Livres Saints des Juifs. Or, la vie de Jésus correspond aux données prophétiques de l'Ancien Testament:
 Vous scrutez les Écritures, dans lesquelles vous pensez avoir la vie éternelle. Or, ce sont elles qui me rendent témoignage, dit le Christ aux docteurs de la Loi (Jn 5, 39).

 

Il est vrai que certaines de ces prophéties de l'Ancien Testament sont obscures. Ces discours prophétiques semblent avoir un double plan de signification. Ils se réfèrent souvent à des événements présents (par exemple, la délivrance de Jérusalem assiégée) et, au second plan, comme en filigrane, se profile une vision concernant le Messie à venir. C'est à la lumière de l'Évangile où elles se sont accomplies qu'il faut lire ces prophéties. Alors, le lien entre toutes ces pièces éparses apparaît, leurs détails obscurs s'éclairent et toute l'histoire d'Israël acquiert une réelle valeur de préfiguration.

Voyons les plus marquantes de ces prophéties.

 

 

1) Époque de la venue du Messie

 

  1. Jacob avait prédit (Gn 49, 10): Le sceptre ne sortira pas de Juda, ni le prince de sa postérité jusqu'à ce que Celui qui doit être envoyé soit venu, lui qui sera l'attente des nations.

Jésus-Christ, le Messie, est lui-même un descendant de Juda, comme l'établissent les deux généalogies données par saint Matthieu (1, 2-16) et saint Luc (3, 23-38). Il vient au monde alors que le peuple juif a perdu toute indépendance politique par suite de l'occupation romaine.

  1. Le prophète Malachie, écrivant après la destruction du premier Temple de Jérusalem, annonce que le Messie viendra dans le second Temple: Voici que je vais envoyer mon messager pour qu'il déblaie un chemin devant ma face. Et soudain, il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez, l'Ange de l'alliance que vous désirez (3, 1). De fait, le premier Temple, construit par Salomon, avait été détruit par les Babyloniens en 587 avant Jésus-Christ; le Temple fut reconstruit à partir du Ve siècle. Jésus a appliqué la première partie de la prophétie à saint Jean-Baptiste, laissant entendre par là que Lui-même est cet Ange de l'alliance (Mt 11, 10).

  2. Le prophète Daniel annonce (9, 24-27) que le Messie mourra dans la soixante-dixième semaine d'années (période de sept ans), c'est-à-dire entre 483 et 490 ans après l'édit ordonnant la reconstruction de Jérusalem. Cet édit fut porté par Artaxerxès, roi de Perse, l'an 454 avant la date officielle de la naissance de Jésus-Christ (an zéro). En fait, Jésus est probablement né quatre ans auparavant (une erreur a peut-être été commise dans le "comput" par le canoniste Denis le Petit, au VIe siècle); Il est très probablement mort en 30, année où la Pâque coïncidait avec un Sabbat, comme le rapporte les Évangiles. On arrive donc à 484 ans depuis l'édit d'Artaxerxès, chiffre qui est bien dans la soixante-dixième semaine d'années prédite par Daniel.


2) Famille et lieu d'origine du Messie

  1. Le prophète Isaïe prédit: Une tige sortira de Jessé (le père du roi David) et une fleur grandira sur cette tige (Is 11, 1). Or, Jésus était de la famille de David (cf. Mt 1 et Lc 3).

  2. Le même Isaïe annonce le grand signe de l'enfantement virginal: Et voilà qu'une vierge concevra et enfantera un fils, et il s'appellera Emmanuel (Is 7, 14, version des Septante). Ce miracle inouï s'est accompli en Marie, Mère de Jésus qui est vraiment au sens le plus fort Emmanuel ("Dieu avec nous").

  3. Le prophète Michée indique, lui, le lieu de la naissance du Messie: Et toi, Bethléem, Ephrata, tu es petite parmi les villes de Juda; mais c'est de toi que sortira Celui qui doit être le Dominateur d'Israël (Mi 5, 1). Les princes des prêtres ont rappelé ce texte à Hérode (Mt 2, 6). De fait, Jésus est né à Bethléem, Dieu se servant pour accomplir la prophétie de l'édit de recensement de César-Auguste (Lc 2, 1-7).


3) Vie publique du Messie

  1. Le prophète Isaïe annonce le ministère du Précurseur de Jésus-Christ: Une voix crie dans le désert: Préparez la voie du Seigneur, aplanissez les sentiers de votre Dieu (40, 3). Saint Jean-Baptiste a accompli cette prophétie en prêchant la pénitence dans le désert de Juda (cf. Jn 1, 23).

  2. Le même prophète annonce les miracles qu'opérera le Messie: Alors le Seigneur lui-même viendra et vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s'ouvriront, les oreilles des sourds entendront, le boiteux marchera et la langue des muets sera déliée (Is 35, 4 et suiv.). Jésus a fait tout cela dans sa vie publique, rendant la vue aux aveugles (cf., entre autres, Jn 9), l'ouïe aux sourds (Mc 7, 32), faisant marcher les paralysés (Mt 9, 2 et suiv.) et parler les muets (Mt 12, 22). Il a fait remarquer à saint Jean-Baptiste que par ses oeuvres il accomplissait la prophétie (Mt 11, 5).

  3. Zacharie prophétise l'entrée du Sauveur à Jérusalem: Réjouis-toi, Jérusalem, voici ton roi qui va venir à toi, Roi de justice et ton Sauveur. Il est pauvre et il viendra monté sur une ânesse et le petit de l'ânesse (9, 9). Ces détails se retrouvent dans les récits évangéliques: le Christ entre le jour des Rameaux dans la ville monté sur une ânesse suivie de son petit (Mt 21, 7); les Juifs l'acclament, l'appellant Roi d'Israël (Jn 12, 13).


4) Passion et mort du Messie

La Passion de Jésus-Christ et sa mort rédemptrice ont été annoncées jusque dans leurs détails par les Psaumes et les écrits prophétiques.

  1. Le chant du "Serviteur souffrant". Dans le livre d'Isaïe sont enclavées quatre pièces lyriques, les "chants du Serviteur". Ils présentent un parfait serviteur de Dieu, qui rassemble son peuple, illumine les nations, prêche la vraie foi, expie par sa mort les péchés du peuple, puis il est glorifié par Dieu. Jésus s'est appliqué à lui-même les textes sur le Serviteur souffrant et son expiation de substitution (Jésus-Christ est mort pour tous les pécheurs), quatrième "chant du Serviteur" (Is 52, 13 - 53, 12; cf. Lc 22, 37; Mc 10, 45), et la première prédication chrétienne a reconnu en Lui le Serviteur parfait annoncé par Isaïe (cf. Act 8, 29-35; cf. CEC 601 et sq.). Voici ce texte :

Is 52, 13 - 53, 12: Voici que mon Serviteur prospérera; il grandira, il sera exalté, souverainement élevé. De même que beaucoup ont été dans la stupeur en le voyant - tant il était défiguré, son aspect n'étant plus celui d'un homme, ni son visage celui des enfants des hommes -, ainsi il fera tressaillir des nations nombreuses (...).

Il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas.

Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié.

Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et le Seigneur a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche.

Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche.

Il a plu au Seigneur de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein du Seigneur prospérera dans ses mains.

À cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.


  1. Zacharie 11, 12: Ils estimèrent mon prix à trente pièces d'argent. Saint Matthieu rapporte que les princes des prêtres comptèrent à Judas trente pièces d'argent pour prix de sa trahison (Mt 26, 15).

  2. Isaïe 53, 7: On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. Jésus dira: Personne ne m'ôte la vie, mais je la donne de moi-même (Jn 10, 18); et les Évangélistes rapportent son silence devant les accusations et les outrages.

  3. Is 50, 5-7: Le Seigneur m'a ouvert l'oreille; et moi, je n'ai pas résisté, je ne me suis pas retiré en arrière. J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats. Le Seigneur m'est venu en aide; c'est pourquoi l'outrage ne m'a point abattu; c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme la pierre, et je savais que je ne serais pas confondu. Saint Matthieu rapporte: On lui cracha au visage, on le frappa du poing et de la main (Mt 26, 67).

  4. Psaume 21, 17: Ils ont percé mes mains et mes pieds; ils ont compté tous mes os. Et Isaïe dit du Serviteur souffrant: Il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ( ); qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? (Is 53, 5; 8). Jésus a eu les mains et les pieds transpercés par le supplice de la crucifixion (cf. Lc 23, 33), et saint Jean fait remarquer que le Christ est victime de propitiation pour nos péchés (c'est-à-dire qu'il a par ses souffrances payé notre dette), non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1 Jn 2, 2).

  5. Psaume 21, 7: Je ressemble à un ver de terre plutôt qu'à un homme; je suis l'opprobre des hommes et le rebut du peuple. Ceux qui me voient se sont moqués de moi et secouant la tête, ils ont dit: Il a espéré dans le Seigneur, que le Seigneur le délivre donc et le sauve maintenant. Les Évangiles rapportent les moqueries subies par Jésus crucifié: Ils hochaient la tête en disant: Si tu es le fils de Dieu, descends de la croix ( ) il a espéré en Dieu: que Dieu le libère, s'Il l'aime (Mt 27, 39-43).

  6. Psaume 21, 19: Ils se partageront mes vêtements et tireront ma robe au sort. De fait, lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements, dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique, qui était sans couture ( ) Ils se dirent entre eux: "Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l'aura" (Jn 19, 23-24).

  7. Psaume 68, 22: Ils m'ont donné du fiel et du vinaigre, et, dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. Saint Matthieu rapporte: Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel (27, 34), et saint Jean: Jésus dit: "J'ai soif". Un vase était là, plein de vinaigre. Une éponge imbibée de vinaigre fut fixée à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche (19, 28-29).

  8. Isaïe 53, 9: Dans sa mort il est avec le riche. Saint Matthieu rapporte: Le soir venu, il arriva un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph ( ) il alla trouver Pilate et demander le corps de Jésus ( ) Joseph le plaça dans un tombeau tout neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc (Mt 27, 57-60).

  9. Zacharie 12, 10: Ils regarderont vers moi, après qu'ils m'auront transpercé. Saint Jean rappelle cette prophétie après avoir rapporté qu'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau(Jn 19, 34).

    Toutes ces prophéties, écrites de cinq à dix siècles avant les événements, ont été réalisées par le Christ au cours de sa Passion, et il avait conscience de les accomplir. Sa dernière parole sur la Croix sera: Tout est consommé, ce qui signifie: toutes les prophéties sont accomplies (Jn 19, 30). Le soir même de sa Résurrection, Jésus reproche aux disciples d'Emmaüs leur lenteur à croire tout ce qu'ont annoncé les prophètes; il leur explique le sens des Écritures qui le concernent (Lc 24, 26-27).



5) Résurrection et règne éternel du Christ

La Résurrection du Messie le troisième jour n'est pas prophétisée aussi explicitement, mais elle est insinuée par de nombreux textes de l'Ancien Testament; par exemple le Psaume 138, 18; Osée 6, 3; Jonas 2, 1 (texte que Jésus s'est appliqué à lui-même: cf. Mt 12, 40), Isaïe 53, 10  en sorte que saint Paul pourra dire: Le Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures (1 Co 15, 4).

 

Daniel rapporte parmi ses visions: Je contemplais ( ) comme un Fils d'homme. Il s'avança jusqu'à l'Ancien (Dieu le Père) et fut conduit en sa présence. À lui furent conférés empire, honneur et royaume, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Son empire dure à jamais; il ne passera pas, et son royaume ne sera point détruit (Dn 7, 13-14).

 

Jésus-Christ a accompli toutes les prophéties, chose qui ne peut s'expliquer par un calcul humain. Il faut remarquer, en effet, qu'un grand nombre de ces prophéties étaient indépendantes de la volonté humaine du Christ, par exemple: naître à Bethléem, être vendu pour trente pièces d'argent, avoir le coeur transpercé par la lance. Donc, il est réellement le Messie promis par Dieu. Selon ses paroles aux Juifs: Vous scrutez les Écritures, pensant trouver en elles la vie éternelle. Eh bien! ce sont elles qui me rendent témoignage (Jn 5, 39).

 

 

II. La sagesse et la sainteté de Jésus-Christ   
prouvent qu'Il est envoyé de Dieu

 

Les ennemis du Christ ont tenté de le discréditer en le traitant de fou (Mc 3, 21) ou de démoniaque (Mt 12, 24). Mais toute sa conduite montre une sagesse et une sainteté sans égal.

1) Sagesse de Jésus-Christ

  1. Elle a été admirée par les docteurs du Temple alors que Jésus n'avait que douze ans (Lc 2, 47).

  2. Les foules étaient émerveillées des paroles qui sortaient de sa bouche (cf. Lc 4, 22): Jamais homme n'a parlé comme cet homme (Jn 7, 46).

  3. Saint Pierre dit à Jésus: Tu as les paroles de la vie éternelle (Jn 6, 69).

  4. Le Christ résout les problèmes les plus difficiles: la femme adultère, le denier de César, et personne ne trouvait rien à lui objecter (Mt 22, 46).

2) Sainteté de Jésus-Christ

Jésus a pratiqué à un degré éminent toutes les vertus. La lecture de l'Évangile permet de s'en convaincre. On remarquera en particulier:

  1. Son amour envers Dieu son Père: il meurt pour que le monde sache qu'il aime son Père (cf. Jn 14, 31). Les Apôtres, le voyant au Temple, lui appliquent l'oracle prophétique: Le zèle de votre maison m'a dévoré (Ps 68, 10; Jn 2, 17).

  2. Sa charité envers le prochain. Elle est affective (il est bouleversé en voyant passer le convoi funèbre de Naïm, il pleure Lazare mort ), effective (il guérit les malades, fait partout le bien), s'étend à tous, Juifs et païens, et même à ses ennemis (il appelle Judas mon ami, il guérit l'oreille du soldat blessé par Pierre; en croix, il prie pour ceux qui l'ont crucifié). Sa charité n'est pas faiblesse: il reprend les vices, menace les pécheurs, chasse les marchands du Temple, etc. Enfin, elle atteint le plus haut degré: Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime (Jn 15, 13). Jésus l'a fait.

  3. Sa piété. Il passait souvent les nuits en prière; il était assidu aux cérémonies du Temple. Dans la plus terrible agonie, au jardin des Oliviers, il persévéra trois heures en oraison.

  4. Son humilité. De sa naissance dans la grotte de Bethléhem à sa mort en croix parmi les scélérats, Jésus a multiplié les actes d'humilité. Il a toujours cherché à se dérober aux ovations de la foule, et il recommandait aux malades qu'il avait guéris de n'en rien dire à personne.

  5. Son détachement des biens de ce monde fut absolu. Né dans une pauvreté sans égale, il gagna son pain à la sueur de son front. Dans sa vie publique, il vivait d'aumônes et n'avait pas où reposer sa tête (Mt 8, 20). Il mourut dépouillé de tout.

  6. Sa chasteté. Elle fut si parfaite qu'aucun de ses adversaires n'a osé formuler une accusation à ce sujet.

Les ennemis de Jésus ont dû rendre justice à sa sainteté. Ils lui ont tendu des pièges, ils l'ont épié sans cesse, jamais ils ne sont parvenus à surprendre un mot digne de blâme, un acte coupable. Les princes des prêtres devront recourir à de faux témoins pour pouvoir formuler des accusations précises (et d'ailleurs discordantes entre elles). S'ils le condamnent à mort sous l'accusation de blasphème pour s'être dit le Fils de Dieu, cette parole n'est pas un blasphème mais est conforme à la vérité. Judas avoue: J'ai livré le sang du Juste (Mt 27, 4) et Pilate se déclare innocent du sang de ce juste (Mt 27, 24). Aussi, Jésus a-t-il pu dire sans crainte d'être pris au mot: Qui de vous me convaincra de péché? (Jn 8, 46).

 

Si Jésus n'avait pas été saint, nous pourrions suspecter son témoignage; encore faudrait-il expliquer comment il a pu faire tant de miracles. Mais puisque Jésus a été le modèle de toutes les vertus, il serait contradictoire qu'il nous ait trompés en s'identifiant au Messie, lui qui n'a jamais proféré le moindre mensonge.

 

III. Les miracles de Jésus-Christ    
prouvent sa mission divine

On appelle miracle un fait sensible et certain, dépassant toutes les forces humaines, en dérogation évidente aux lois de la nature, et qui n'est pas possible sans une intervention spéciale de Dieu.

1) Les Évangiles montrent que Jésus a fait de vrais miracles

 

Les miracles du Christ ont été:

  1. vraiment des actes supérieurs à toutes les forces humaines, dérogeant aux lois de la nature: changer l'eau en vin, marcher sur les eaux du lac; guérir des maladies incurables, au moins à l'époque - lèpre, cécité -, et les guérir selon un mode spécial (jamais un médecin ne guérira un aveugle en lui appliquant sur les yeux un peu de sa salive); ressusciter des morts - par exemple, Lazare enseveli depuis quatre jours - (cf. Jn 11, 43-44).

  2. très nombreux: Une vertu sortait de lui et les guérissait tous (Lc 6, 19). Jésus a fait encore beaucoup de miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre (Jn 20, 30).

  3. opérés avec autorité: pour apaiser la tempête, Jésus s'écrie: Tais-toi, et cesse de mugir (Mc 4, 39). Il commande aux démons: Esprit immonde, sors de cet homme (Mc 5, 8); à la fille de Jaïre qui était morte: Jeune fille, lève-toi (Mc 5, 41).

  4. constatés par les ennemis mêmes de Jésus. Cet homme fait beaucoup de miracles, disent les princes des prêtres; Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui (Jn 11, 47-48).


2) Le plus grand miracle du Christ a été celui de sa Résurrection d'entre les morts, qui est la preuve par excellence de sa légation divine.

Jésus avait prédit sa mort en croix (Mt 26, 2) et sa résurrection le troisième jour (Mt 20, 19); les princes des prêtres étaient informés de cette prophétie (cf. Mt 27, 63), et avaient pris en conséquence leurs précautions pour empêcher sa réalisation (sceaux de l'Empire, gardes postés devant le tombeau; cf. Mt 27, 66). Au matin de Pâques, tandis que les soldats s'enfuient affolés, l'Ange déclare aux saintes femmes: Il est ressuscité, comme il l'avait prédit! (Mt 28, 6). Jésus se montre vivant aux saintes femmes, à ses Apôtres et à ses disciples, le jour même de sa Résurrection et pendant quarante jours. Les Apôtres prennent Jésus pour un revenant; le Sauveur les invite à le toucher et il mange en leur présence. Il se montre à plus de cinq cents disciples avant de monter au Ciel (1 Co 15, 6). Comment, et surtout dans quel but les Évangélistes auraient-ils pu inventer tout cela ? 

 

Dès le jour de la Pentecôte, après avoir reçu le Saint-Esprit, saint Pierre prêche la Résurrection du Christ. Après avoir guéri le paralytique de la porte du Temple, le prince des Apôtres déclare: Vous avez mis à mort l'Auteur de la vie. Dieu l'a ressuscité, nous en sommes témoins (Ac 3, 15).

 

La Résurrection de Jésus-Christ est le grand motif de crédibilité donné par les Apôtres. Saint Paul en particulier en fera le fond de sa prédication: Si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi notre foi. Mais justement, le Christ est ressuscité, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 14-20). Et sous cet aspect élevé, la Résurrection est si liée à la Rédemption qu'elle devient elle-même objet de foi sans rien perdre, pour autant, de son aspect extérieur constatable de fait historique.

 

 

Si le Christ n'était pas ressuscité, il faudrait expliquer comment les Apôtres sont arrivés à croire et à se faire tuer pour prêcher la Résurrection, et comment le monde a cru à leur parole; ce qui faisait dire à saint Augustin: «De deux choses l'une: ou le monde a été converti par les miracles que nous prétendons avoir été faits en faveur de la religion chrétienne, et dès lors, celle-ci est divine; ou le monde a été converti sans miracles et, dans ce cas, l'établissement du christianisme est, à lui seul, le plus grand des miracles» (De civitate Dei, 22, 5)

 

 


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III

JÉSUS-CHRIST EST DIEU

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La révélation par le Christ de sa divinité a été progressive. Elle se dévoile par des allusions de plus en plus explicites, comme une évidence qui se dégage de sa personne. La manifestation de la divinité de Jésus porte les caractéristiques de sa personnalité: la simplicité et la droiture.

Ce caractère progressif de la révélation était, par ailleurs, exigé par les particularités du milieu religieux juif. Une affirmation claire par Jésus de sa divinité au début de sa vie publique aurait été totalement incompréhensible, compte tenu des convictions rigoureusement monothéistes des Israélites. C'est surtout à la fin de sa vie publique et au moment de sa Passion, qu'il dévoilera le mystère de sa nature divine: le Père et moi, nous sommes Un (Jn 10, 30).

I. Jésus-Christ s'est appelé «Seigneur»,
et «le Fils de Dieu», au sens propre du mot

Avant même que le Christ vienne au monde et commence à prêcher sa doctrine, Dieu s'était plu à révéler cette vérité aux hommes. L'Ange Gabriel qui annonce à Marie qu'elle va devenir la mère du Sauveur, lui dit: L'Esprit-Saint descendra sur toi et le Tout-Puissant te couvrira de son ombre: voilà pourquoi le Saint qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu (Lc 1, 35). Lorsque, trente ans après, le Christ se rend sur les bords du Jourdain pour y être baptisé, Dieu confirme les paroles de l'Ange. Une voix du ciel se fait entendre, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances (Mt 3, 17; cf. aussi Mt 17, 5; cf. Catéchisme de l'Église CatholiqueCEC, 444).

1) Jésus-Christ est appelé «Seigneur»

Dans la traduction grecque des livres de l'Ancien Testament, le nom ineffable sous lequel Dieu s'est révélé à Moïse (Cf. Ex 3, 14), est rendu par «Seigneur». «Seigneur» devient dès lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d'Israël. Le Nouveau Testament utilise ce sens fort du titre de «Seigneur» à la fois pour le Père, mais aussi - et c'est là la nouveauté - pour Jésus reconnu ainsi comme Dieu lui-même: Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire (1 Co 2, 7-8).

Jésus lui-même s'attribue de façon voilée ce titre lorsqu'il discute avec les Pharisiens sur le sens du Psaume 109: Comme les pharisiens se trouvaient réunis, Jésus les interrogea: «Que pensez-vous au sujet du Messie? de qui est-il le fils?» Ils lui répondirent: «De David». Jésus leur répliqua: «Comment donc David, sous l'inspiration de l'Esprit, l'appelle-t-il Seigneur, en disant: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: "Siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds?" Celui que David appelle Seigneur, comment peut-il être son fils?» Personne ne pouvait lui répondre un mot et, à partir de ce jour-là, nul n'osa plus l'interroger (Mt 22, 41-46). C'est qu'en effet, la seule réponse possible au dilemme est que David, éclairé par l'Esprit-Saint, se reconnaissait inférieur au Messie, son futur descendant comme homme, mais son Créateur comme Dieu.

Jésus s'applique aussi le titre de «Seigneur» de manière explicite en s'adressant à ses Apôtres: Vous m'appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment JE LE SUIS (Jn 13, 13; cf. CEC 446-447).

2) Jésus s'appelle «le Fils de Dieu»

Dans l'Ancien Testament, le titre de «fils de Dieu» au pluriel est parfois donné aux anges, au peuple élu, aux enfants d'Israël et à leurs rois. Il signifie alors une filiation adoptive qui établit entre Dieu et ses créatures des relations d'une intimité particulière. Mais il en est tout autrement de l'affirmation des Évangiles suivant laquelle Jésus-Christ est «le Fils de Dieu» (singulier et article défini grec `o).

  1. Quand Marthe, la soeur de Lazare, dit à Jésus: Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde (Jn 11, 27), le divin Maître accepte ce titre.

  2. Le Christ demande un jour aux Apôtres: Qui croyez-vous que je suis? Saint Pierre répond: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Aussitôt Jésus lui répond avec solennité: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation ne t'est pas venue de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux (Mt 16, 15-17). Jésus aurait-il agi ainsi si l'expression «Fils de Dieu» devait être entendue selon le sens commun (un fils parmi bien d'autres)? Assurément non, car dans ce cas la réponse de Pierre aurait été une banalité. De plus, si saint Pierre a pu reconnaître le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus, c'est que celui-ci l'a nettement laissé entendre (cf. CEC 442, 443).

  3. Devant le Grand Conseil des Juifs (Sanhédrin), le Grand-Prêtre Caïphe interroge Jésus: Je t'adjure, au nom du Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Aussitôt le divin Maître répond: Tu le dis, je le suis.Le Grand-Prêtre, simulant une profonde indignation, déchire ses vêtements: Il a blasphémé, dit-il, qu'en pensez-vous? Et tous les prêtres de s'écrier: Il mérite la mort (Mt 26, 63-66). À leurs yeux, Jésus devait être lapidé comme blasphémateur selon les prescriptions de la loi de Moïse, parce qu'il s'était fait l'égal de Dieu. Ils avaient donc bien compris toute la portée de l'affirmation du Christ: Je suis le Fils de Dieu. Mais, aveuglés par leurs préjugés et leurs passions, ils ne voulaient pas croire en Lui (cf. CEC 443).

  4. Les Juifs savaient si bien que Jésus-Christ s'était appelé le Fils de Dieu, qu'ils disent à Pilate, quand celui-ci proclame son innocence: Nous avons une loi et d'après cette loi, il doit mourir, car il s'est dit le Fils de Dieu (Jn 19, 7). Quand Jésus agonise sur la croix, les Juifs lui disent ironiquement: Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix (Mt 27, 40).

  5. Parfois, Jésus s'applique simplement à lui-même le titre de Fils, le rapprochant de celui de Père qui désigne à l'évidence Dieu.

    • Tout m'a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler (Mt 11, 27).

    • Le Fils est supérieur aux anges eux-mêmes (Mt 24, 36: Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais le Père seul. (Par cette affirmation, Notre-Seigneur veut dire que le temps fixé par la Providence pour le Jugement qui doit suivre la fin du monde, ne fait pas partie des choses qu'il ait reçu mission de faire connaître aux hommes. Il n'entend nullement par là remettre en cause sa nature divine).

  6. Plus encore, Jésus se dit nettement le «Fils unique» de Dieu. Parlant un jour à Nicodème, il s'exprime ainsi: Dieu a tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique... Celui qui croit au Fils ne sera pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu (Jn 3, 16-18).

II. Jésus-Christ a appelé Dieu son Père
et s'est dit égal à Lui

  1. Les premières et dernières paroles que nous connaissons de Notre-Seigneur Jésus-Christ sont une affirmation de sa relation tout à fait unique avec Dieu son Père. Quand il revoit la Vierge Marie, sa mère, et saint Joseph, son père adoptif, qui, pendant trois jours d'angoisses, l'ont cherché vainement, il leur dit: Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père? (Lc 2, 49). Avant d'expirer sur la croix, il s'écrie: Mon Père, je remets mon âme entre vos mains (Lc 23, 46). Dans l'Ancien Testament, Dieu est parfois appelé le Père du peuple juif (par exemple en Isaïe 64, 7), au sens de "créateur", mais jamais aucun personnage, même Moïse ou Élie, n'appelle Dieu "mon Père".

  2. Quand il chasse les marchands du Temple, il dit: Ne faites plus de la maison de mon Père, une maison de trafic (Jn 2, 16). À la dernière Cène, voulant consoler ses disciples, il dit: Je prierai mon Père, et il vous enverra un autre Consolateur (Jn 14, 16).

  3. Le Christ, dans ses affirmations, s'attribue la même nature que son Père. Mon Père et moi, nous sommes un (Jn 10, 30). Jésus veut montrer par là sa relation tout à fait unique vis-à-vis de Dieu, relation d'égalité de nature. Les Juifs ont compris, en entendant ces paroles, que Jésus s'attribuait la divinité... et voilà pourquoi ils veulent le lapider: Ce n'est pas pour tes bonnes oeuvres que nous te lapidons, mais à cause de ton blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu... (Jn 10, 30-33).

  4. Jésus répond à Philippe qui lui demande de montrer aux apôtres le Père: Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père... Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? (Jn 14, 9-11).

  5. Il est vrai que Jésus demande à ses disciples, lorsqu'ils prient, de dire Notre Père (Mt 6, 9). Mais il dit auparavant: Vous donc, priez ainsi: Notre Père. Lui même se met à part et se distingue par là de ses disciples. Il ne s'agit pour eux que d'une filiation adoptive, qui vient de l'Incarnation du Christ, Fils de Dieu (cf. Rm, 8, 15). C'est pourquoi Jésus, le jour de sa Résurrection, distingue ces deux sortes de paternité en enjoignant à Marie-Madeleine: Va dire à mes frères: Je monte vers mon Père et votre Père (Jn 20, 17; cf. CEC 443).

  6. Jésus dit: Le Père a donné au Fils le droit de juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père (Jn 5, 22-23).

III. Jésus-Christ s'est attribué des perfections
et des pouvoirs que Dieu seul possède

  1. Jésus-Christ affirme son éternité: Avant qu'Abraham fût, je suis (Jn 8, 58). Le Christ ne dit pas "j'étais", mais je suis, laissant entendre par là qu'il n'y a pas de passé en lui, mais un éternel présent. Cette formule rappelle la révélation par Dieu de son Nom à Moïse dans le buisson ardent: Je suis celui qui suis (Ex 3, 14). Là aussi, les Juifs crient au blasphème.

  2. Seule l'identité divine de la personne de Jésus peut justifier une exigence aussi absolue que celle-ci: Celui qui n'est pas avec moi, est contre moi (Mt 12, 30); (cf. CEC, 590).

  3. A la dernière Cène, s'adressant à son Père, Jésus s'écrie: Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût (Jn 17, 5).

  4. Jésus s'attribue la toute-puissance, une puissance égale à celle de son Père: Quelque chose que le Père fasse, le Fils le fait pareillement. Comme le Père ressuscite les morts et leur donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plaît (Jn 5, 19 et suiv.). Je quitte ma vie pour la reprendre, personne ne me la ravit. J'ai le pouvoir de la quitter et de la reprendre (Jn 10, 18).

  5. Jésus a également le pouvoir de ressusciter nos corps et de nous assurer la vie éternelle: Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour (Jn 6, 54).

  6. Jésus-Christ atteste son pouvoir de remettre les péchés et de juger les hommes (cf. CEC, 589, 594, 1441). Confiance, mon fils, dit-il au paralytique, tes péchés sont pardonnés (Mt 9, 2). Les pharisiens se scandalisent de cette parole: Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul? De fait, les prêtres de la Loi ancienne n'avaient pas le pouvoir de remettre les offenses faites à Dieu; c'est le Christ qui le confèrera aux prêtres de la Loi nouvelle. Pour leur prouver qu'il possède le pouvoir d'accorder aux hommes la rémission de leurs péchés, Jésus rend miraculeusement au malheureux perclus l'usage de ses membres: si le Christ avait vraiment blasphémé en remettant les péchés, jamais Dieu ne lui aurait donné le pouvoir de faire aussitôt un miracle.

  7. Il a accepté la confession de saint Thomas, lorsque celui-ci, huit jours après la résurrection, tombant à ses pieds, lui dit: Mon Seigneur et mon Dieu! (Jn 20, 28).

 
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CONCLUSION

DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST

Aux Juifs qui ne croient pas en lui, le Christ adresse ces  paroles: Vous dites: "tu blasphèmes", parce que j'ai dit: "Je suis le Fils de Dieu". Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais et si vous ne voulez pas me croire, croyez aux oeuvres, afin d'apprendre et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis dans le Père (Jn 10, 36-38).

Quelques années plus tard, à l'époque de la première génération chrétienne, saint Paul, après avoir confronté sa foi avec Pierre, Jean et Jacques (cf. Ga 2, 1-10), traduira et explicitera la foi de l'Église primitive: Jésus-Christ est antérieur à tout et tout subsiste en lui (Col 1, 17); en lui habite réellement la plénitude de la divinité (Col 1, 19); issu du peuple d'Israël selon la chair, il est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement (Rm 9, 5); lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur (Ph 2, 6-7).

«Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne... Dans cette Révélation, le Dieu invisible s'adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu'à des amis, il s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie... La profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur, et la plénitude de toute la Révélation» (Vatican II, Dei verbum, 2).

Le Christ a déclaré: Je suis la voie, la vérité et la vie (Jn 14, 6). Croire en Jésus-Christ et en Celui qui l'a envoyé pour notre salut est donc nécessaire pour obtenir ce salut. Parce que sans la foi (...) il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6) et d'arriver à partager la condition de ses fils, personne jamais ne se trouve justifié sans elle et personne à moins qu'il n'ait persévéré en elle jusqu'à la fin, n'obtiendra la vie éternelle.

Croire n'est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Demandons au Christ cette grâce par une prière fervente: Je crois, Seigneur; mais viens en aide à mon peu de foi (cf. Mc 9, 23). Cette prière sera exaucée si elle est confiante, persévérante et humble: Demandez, dit Jésus, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez; frappez, et on vous ouvrira (Mt 7, 7).

 

Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ et donc Mère de Dieu, et saint Joseph, son père adoptif, nous conduisent à Jésus.

 

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31/01/2015
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