VIE NOUVELLE

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LA JOIE : visage de Dieu, visage de l'homme.

 

Comme indiqué dans la rubrique BUT DE CE SITE, celui-ci ne se limite pas uniquement à l'eschatologie, mais il est également porteur d'édification et d'enseignements spirituels. Je voudrais ainsi vous proposer un texte du Père Alphonse Goettmann de l’Eglise Orthodoxe qui s’intitule, La joie : visage de Dieu, visage de l’homme.

Je vous souhaite une bonne lecture.

 

 

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Que Ma Joie soit en vous 

et que votre joie soit parfaite.
Jean 15,11 

 

 

 

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Dès sa naissance, le christianisme a été la proclamation de la joie, de la seule joie possible sur terre. Sans la proclamation de cette joie, le christianisme est incompréhensible. C’est seulement comme joie que le christianisme a triomphé dans le monde, et il a perdu le monde quand il a perdu la joie, quand il a cessé d’en être le témoin.

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Quand on tourne vers Lui les regards,
on est rayonnant de joie !

Ps 34, 6 

 

 

 

LA JOIE : VISAGE DE DIEU DANS L’HOMME

 

L’homme n’est vraiment homme que par la joie, tout comme le ruisseau n’est ruisseau que par la source. Sans doute les méandres lointains du ruisseau n’en ont-ils aucune conscience, ainsi l’homme, dans son errance, a-t-il oublié l’Essentiel. Alors viennent les philosophes, étymologiquement ceux qui " aiment la sagesse ", celle qui scrute la vie, et ils lui remettent en mémoire, d’Aristote l’ancien (IVe s. av. J.-C.) à Bergson l’actuel (XXe s.), que l’homme ne peut pas vivre sans joie, que seul là où il y a la joie, la vie triomphe... Ils ont plongé leur savoir même très loin, jusqu’à la limite du mystère, puisqu’ils nous enseignent que la joie se révèle comme étant la vérité de notre être, qu’elle est le pouls de l’être, le critère de la vérité, et finalement que joie et vérité sont tout un !

 

La joie fait aussi chanter les poètes ; c’est même à cause d’elle que leur art est un chant. Paul Claudel pesait ses mots, comme toujours, quand il écrivait : Hors de la joie il n’y a que le néant, et croire au néant, c’est se détruire soi-même, s’installer dans l’inversion spirituelle et vouloir vivre contre le secret de la vie !

 

Ainsi l’esprit humain a pu creuser profond et certains artistes ont su nous conduire au feu de l’expérience ; la musique n’a-t-elle pas la capacité de nous enflammer, de ravir notre être entier à tel point qu’il se met à danser de joie ? Mais ni les philosophes ni les artistes ne peuvent nous dire le " pourquoi " de tout cela : quel est le nom de la joie, a-t-elle un visage ? Il a fallu les prophètes, ces " haut-parleurs " de Dieu, pour nous révéler la source de toute joie, ce pour quoi l’homme est fait, d’où il vient et où il va : Moi, j’ai ma joie dans le Seigneur ! (Ps 104, 34); Venez, crions de joie pour le Seigneur, rocher de notre salut ! (Ps 95, 1) ; Joie au ciel ! exulte, la terre... à la face du Seigneur, car il vient ! (Ps 96, 11)

 

En effet :

 

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie, ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix... Ceux qu’a libéré le Seigneur viendront, ils arriveront à Sion hurlant de joie, portant avec eux une joie éternelle. La joie et l’allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront... Debout ! Resplendis ! car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire du Seigneur. Tandis que les ténèbres s’étendent sur la terre et l’obscurité sur les peuples, sur toi se lève le Seigneur et sa gloire sur toi paraît...(Isaïe 9,1-5; 35,10 ; 60,1-2).

 

Rares sont ceux qui lisent et relisent ces textes d’une jubilation inouïe, alors qu’il faudrait les savoir par cœur, par le cœur ; c’est vital de boire constamment à ces sources d’eau vive, afin que cette eau devienne notre sang, notre substance vivifiante. Qui dit tradition dit transmission : encore une fois, comme la source se transmet tout entière au ruisseau, ainsi Dieu se transmet à l’homme qu’il ne cesse de susciter à la vie et de créer. Or cette transmission est d’abord l’expérience d’une joie indescriptible ! Car DIEU EST JOIE; c’est pourquoi les mystiques de l’Orient et de l’Occident ont toujours pu dire : Apprends la joie et tu apprendras Dieu.

Celui qui perd la joie est donc dans l’errance, il n’a plus ni Chemin ni but puisqu’il est sans source. Aussi n’est-il pas étonnant qu’on soit arrivé universellement à cette conviction qu’une vie authentiquement spirituelle se mesure au degré de joie qui nous habite ! Du moment que Dieu est joie, cette conclusion n’est alors qu’une simple et incontournable cohérence... Cela d’ailleurs, même les athées les plus endurcis, tel Nietzsche, l’ont considéré comme une évidence: Si Dieu existait, je ne pourrais le concevoir que comme un Dieu dansant, dit-il.

 

 

 

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Et maintenant je vais à toi, 
et je dis ces choses dans le monde, 
afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

 Jean 17, 13

 

 

 

AIMER LA VIE EN RÉVÈLE LA SURPRENANTE PROFONDEUR

 

Il est donc clair que nous avons dans la Joie la trame sous-jacente à toute la Bible : elle est une " Bonne Nouvelle " dès les origines et portera explicitement le titre d'Evangile (en français : " bonne nouvelle "), quand celle-ci éclatera dans sa plénitude par la venue du Messie, qui est le visage même de la joie.

 

C’est cette annonce ou cette Présence joyeuse qu’il faut comprendre et ne jamais oublier quand on lit dans l’Ancien Testament ces textes apparemment anodins qui racontent à quel point l’homme aime la vie. La vraie sagesse pour le Juif, c’est d’abord de goûter la vie telle qu’elle est : Aimer sa vie, c’est aimer son propre bonheur, dit le Siracide (4,12). Ainsi la vie toute simple au quotidien contient déjà tout, que ce soit la joie de la moisson si souvent relevée parce que tellement signifiante, celle de la vendange tout autant, le partage de la vie avec la femme que l’on aime, la venue des enfants, jusqu’au plaisir de boire du vin qui réjouit le cœur de l’homme (Ps 104,15), il n’y a pas une expérience humaine qui soit négligeable et rien qui ne puisse être vécu avec une intensité qui touche à cet étrange mystère en transparence derrière tout instant.

 

Ainsi tout est épiphanie, manifestation, d’une Présence aimante pour le cœur éveillé. Mais il y a infiniment plus encore, car ce qui donne le vrai poids à cette vie, c’est qu’elle est un don de Celui qui l’habite. En réalité Présence et Don se confondent : Dieu se donne lui-même à travers ce qui nous arrive. Le peuple d’Israël le sait bien : Quand on mange, boit et se donne du bon temps dans son labeur, c’est un don de Dieu, dit Qohelet (3, 13).

 

Cependant, quand Dieu se donne, ce n’est jamais passivement : c’est une Présence créatrice, vitale, qui suscite l’homme et ne cesse de le libérer, de le mettre en chemin vers un accomplissement. Que ce soit dans la simplicité cachée au creux du quotidien ou lors des grandes libérations historiques du peuple, Israël ne se trompe pas, car c’est le Seigneur qui ramène les captifs de Sion, c’est toujours lui qui emplit notre bouche de rires et nos lèvres de chansons (Ps 126,2). Dans cette joie folle se trouve le cœur de la Bible, sa direction profonde, jusqu’à ce qu’elle éclate un jour dans la venue du Libérateur lui-même, le Messie qui, d’emblée, ouvrira sa mission en révélant qu’il est envoyé pour que les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux soient purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres apprennent la Bonne Nouvelle (Mt 11, 5).

 

Si Jésus reprend ici les termes mêmes du prophète Isaïe (35,5), c’est qu’il entend bien manifester la constante de toute l’histoire : celle d’une libération incessante et qui, avec lui, arrive à terme. Les Psaumes, parce qu’ils sont notre pain quotidien, nous permettent d’assimiler cette Réalité de toute réalité et d’en inscrire à jamais la mémoire dans nos entrailles : Le Seigneur fait droit aux opprimés, il donne du pain aux affamés, il relâche les captifs, redresse ceux qui sont courbés, guérit ceux qui ont le cœur brisé et panse leurs blessures... (Ps 145, 146). À cause de cette joie et pour s’y accorder, les Psaumes sont toujours chantés, alors même qu’on peut avoir " le cœur brisé "...

 

Seule l’exclamation joyeuse et émerveillée peut donner du champ à ce qui nous arrive et permettre de voir les eaux profondes plutôt que la surface agitée seulement de la vie. Parfois l’agitation est telle qu’il nous faut les mots mêmes de l’Esprit Saint à travers la bouche du psalmiste et la joie du peuple rassemblé pour nous rappeler toujours à l’essentiel au milieu de nos tempêtes...

 

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La joie du Seigneur, voilà votre force !  

Néhémie 8, 10

 

 

Sans cette joie le christianisme lui-même, comme tel, est incompréhensible et l’Église inutile. Avec ou sans elle, je peux à chaque instant traduire l’Amour ou le trahir ! C’est pourquoi Jésus demande à ses disciples d’être joyeux de cette grande joie... Peu de chrétiens savent que c’est là même un commandement: Que la joie qui est en moi soit aussi en vous et que votre joie soit parfaite! (Jn 15,11)

 

Plus que cela, il n’y a pas de sainteté sans joie, elle est vraiment le test que nous sommes sur le Chemin : Soyez joyeux, devenez parfaits (2 Co 13,11), et saint Paul insiste constamment : Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le répète encore : réjouissez-vous ! Motif : Le Seigneur est proche ! (Ph 4,4)

 

Notre joie réside dans le seul fait bouleversant que Dieu existe et qu’il soit venu chez nous, dans notre intimité. Dieu est, cela suffit. Se réjouir à plein de ce qu’il est, lui, et rendre grâce en tous temps et en tous lieux à cause de lui-même, c’est poser l’acte le plus élevé du détachement de soi, le plus opposé à l’égoïsme, c’est entrer dans le dépouillement total de la crèche et ne plus voir que la splendeur de Jésus. Sa beauté nous métamorphose...

 

 

 

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13/08/2015
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